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La correspondance numérique dans les mesures de placement au titre de l'aide sociale à l'enfance

Equipe de recherche: Emilie POTIN, François SORIN, Gaël HENAFF, Hélène TRELLU, Pascal PLANTARD
Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Innovations Sociétales - Université de Rennes
Avec le soutien de l'Observatoire National de la Protection de l'enfance et de la Mission de recherche Droit et Justice

 

Mathis a 12 ans et il est placé en famille d’accueil. Le juge des enfants a fixé des droits de visite à ses parents à raison d’une visite par semaine en présence d’un tiers. A côté de ses rencontres, Mathis échange tous les jours 2 à 5 SMS avec sa mère.

Comment ces échanges numériques construisent le lien familial ? Comment sont-ils pris en compte par le juge? Par les professionnels en charge de l’accueil ? Par l’Aide sociale à l’enfance ?

La correspondance familio-numérique dans le secteur de la protection de l’enfance – et particulièrement dans les situations de placement – interroge les potentialités offertes par les médias socio-numériques dans la continuité du lien familial et les formes de régulation mises en oeuvre par les professionnels. Comment se construit et se régule, dans l’espace familial et institutionnel, l’autonomie permise par ces outils dans la gestion des liens sociaux et familiaux ?
 En interrogeant l’articulation entre médiation technique, autonomie et protection, le travail d’enquête s’est attaché à développer deux axes :
- La correspondance familiale numérique et le maintien des liens entre le mineur protégé et sa famille d’origine (parents, fratrie, famille élargie).
- La régulation de la correspondance numérique mise en place par les acteurs familiaux, professionnels et organisationnels (Justice et ASE) pour donner un cadre aux échanges.
 Qu’il s’agisse de l’équipement en outils numériques, de l’ouverture d’un espace socio-numérique ou des modalités d'usage de ces espaces, enfants, parents, membres d’une fratrie se saisissent des potentialités qui leur sont offertes pour « faire famille ».

La recherche montre comment la correspondance numérique déplace les territoires du lien grâce aux deux dimensions spécifiques aux dispositifs numériques : le caractère individuel et la mobilité. L’autonomie familiale se construit aux dépens du contrôle inhérent à la mesure de protection.
 L’espace de liens socio-numériques invite à déplacer les pratiques d’accompagnement et à reconsidérer les catégories classiques de régulation des liens notamment les droits de visite, d’hébergement et de correspondance car ce triptyque n’est plus opérant au vu de la diversité offerte par les technologies pour entrer en relation, partager son quotidien, suivre et alimenter
 une communication à distance.

 

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